samedi 8 août 2009

Kirghizstan, nous voila!

Ca y est nous y sommes, dernier pays de notre periple, quelques jours a l'auberge pour faire la lessive, vous donner des nouvelles et se deplacer en bipedes (c'est bon aussi!) et nous voila partis a la decouverte des montagnes kirghizes (altitude moyenne a 2750m, 40% du pays est au dessus de 3000m d'altitude) dont nous n'avons eu, pour l'instant, qu'un apercu eloigne en approchant la frontiere.
Bishkek est une ville agreable, verte, ou une bonne partie des edifices sovietiques sont delabres. Les kirghizes sont tres gentils et parlent tres bien l'anglais (ca change des russes et des mongoles!).
Arriverons nous a franchir avec nos montures notre 1er col a 4012m? Nous vous le raconterons des que possible?

En train a travers le Kazakhstan


Etant donne le temps qu'il nous reste et les conseils de presque tous les cyclos que l'on a rencontre, nous avons decide de couper le voyage en traversant le Kazakhstan en train. Notre voyage a velos a travers l'Altai russe devait donc s'arreter a Bisk, premiere grande ville rencontree. Nous avons bivouaque juste avant pour etre a l'aurore a la gare et essayer d'acheter un billet pour Barnaul d'abord puis pour Bishkek, capitale du Kirghistan. Finalement a Bisk on ne pouvait s'occuper que du premier tout petit troncon. Pour essayer de gagner un maximum de temps, nous decidons de prendre le bus. Avec les velos rien de moins complique, ca nous prendra finalement la journee pour trouver un bus avec une soute suffisante pour que, en poussant bien et avec l'aide des deux chauffeurs, les velos et les sacoches acceptent de rentrer... Joachim en est malade, mais a l'arrivee, nous avons l'agreable surprise qu'il n y ait pas de casse.

Nous voici a Barnaul, grande ville russe sur la ligne de train Novosibirsk-Tashkent ou Novosibirsk-Bishkek. En resume resume, parce que notre creneau internet s'epuise : Pas de place dans aucun train avant une ou deux semaines. Un peu desesperes on passe la nuit a l'hotel. On reporte le probleme au lendemain. Toujours rien d'officiel. On nous conseille de tenter notre chance aupres du controleur du train complet qui passe le jour meme. Finalement avec l'aide de professeurs d'allemand russes, on negocie des places, cheres, mais on est dans le train et 36h plus tard, on est cense etre a Almaty. En fait, les deux couchettes prevues ont ete vendues a 9 personnes, nous compris. On fera donc une tres (trop) grande partie du voyage assis dans la cabine du dit controleur ou debout dans le couloir du wagon, les deux velos entierement demontes sur la plateforme entre 2 wagons...
Mais le trajet se passe plutot bien, les velos plus reposes que les cyclistes! Le Kazakhstan c'est plat et ca a l'air plutot monotone et tres tres chaud. Qu'est ce que l'on a bien fait de le passer en train ! Pour finir, apres avoir un peu negocie, nous descendons, deux jours plus tard, a Otar, 150km apres Almaty. C'est a cet endroit que la ligne de train Barnaul-Tashkent est la plus proche de Bishkek.

Kirghistan nous voila...

vendredi 7 août 2009

Passages de frontieres

La frontiere russo-mongole : passage en Lada

Voici le recit des quelques heures qui ont suivi le chargement de nos velos dans le 4x4 Lada... Tant qu'on n'a pas ete confronte a l'administration russe (les mongoles ne valent guere mieux proches de la frontiere... mais ils ont encore quelques efforts a faire pour arriver au niveau de leurs voisins), on n'imagine pas bien ce que cela peut representer. Donc, comme on l'avait appris la veille, pour passer la frontiere il faut etre dans les starting blocks vers 7-8h. Vers 9h30, les gens commencent a s'agiter, et a 10h la barriere se leve et le conducteur de la premiere voiture peut retirer son premier papier, cote mongole. C est la que commence la comedie. Je vous le fais en resume : cote mongole : une barriere devant laquelle on est arrete pour remplir un premier formulaire, et qui se leve suivant le bon vouloir du planton qui est la.

Puis un batiment : on descend de voiture, on va presenter son passeport, a un chef d abord quand on est touriste, puis a une "porte de prison" mongole, qui veut savoir de quelle voiture on vient, combien de passagers on est et si on transporte de la drogue ("bein oui madame, c est parce que l'on fume trop que l'on a choisi la position couchee pour nos velos")... et enfin a une autre charmante represente de la courtoisie mongole, qui enregistre nos passeports, nos cartes d immigration et nous repose exactement les memes questions que les deux premiers. Puis retour a la voiture et nouveau passage inutile de barriere avec arret et remplissage de formulaire. On vient de passer la douane mongole !

Notre Lada part pour 5 km jusqu en haut du col pour le passage de la ligne frontiere. Premier contact avec des douaniers russes. De chaque cote d une grille deux monuments a la gloire des deux pays. Le conducteur de chaque voiture fournit les passeports de tous ses passagers au douanier qui rentre dans sa cabane ... et ... (la il y a un arret temporel de duree variable suivant son bon vouloir) au bout d un temps ressort pour nous faire avancer un peu... Cette fois on veut savoir si en plus de la drogue "hachich-cocaine ?"(avec l accent russe) on transporte des armes. En cycliste et avec nos bronzages raton-laveurs, on doit avoir des tetes de terroristes. Surtout ne pas regarder sa montre ca fait trop peur.

Deuxieme partie du no-man s land, cote russe, 25 km d ASPHALTE !!! On nous l'avait dit mais c'est quand meme impressionnant. Et on arrive a la douane russe. Dans l'orde : formulaire avant la barriere n1, formulaire dans la cabane avant la barriere, passage des pneus au desinfectant, on suppose que c'est une precaution anti grippe aviaire, deuxieme formulaire a la cabane n1. On passe la barriere, un douanier vient inspecter la voiture et fait descendre tous les occupants et tous les bagages !!!!! Imaginez des vans mongoles pleins a craquer, galerie chargee, tout doit etre descendu et emporte dans un batiment ou on verifie l authenticite de nos visas, ou nous passons devant un medecin qui joue a Kunter strike pendant que sa secretaire nous tamponne une carte comme quoi nous ne presentons pas de danger immediat pour la patrie russe ! (si ils savaient) et ou l'on passe l'ensemble des bagages aux rayons X. Malheur au mongole qui avait oublier une chaise en plastique dans sa voiture !!!

Apres cela plus qu'une ou deux barrieres-formulaires, un passage au bureau d immigration et on a le droit de decharger nos velos sur le parking d'une station service. ENFIN.

Il est seulement 13h30 ! 6h30 pour passer une frontiere quand on est la 3 eme personne a se presenter, pas mal, non ?

Bon maintenant que vous entrevoyez l'ampleur du desastre, on doit vous avouer qu'on a eu de la chance, on est tombe sur un douanier qui a essaye d'user de son charme (avec meme un sourire ce sera le seul de la matinee) et qui nous a fait grace du dechargement des velos et ne nous a fait sortir que deux sacoches sur nos 6 ballotins...

La frontiere russo-kazake : passage en train

En gros pour ce qui est des fonctionnaires russes, c'est assez semblable. Pas un sourire, manifestement des echanges de pot de vin avec le controleur, une veritable personnification de l'autorite russe en la personne de deux douanieres "armoires a glace" en mini jupe. Des tampons, des verifications, des questions particulierement pertinentes : "Mais vous etiez deja venue en russie, vous" "Moi mais jamais de la vie, le tampon sur ce joli visa d il y a quelques annees, je l ai fait dessiner a mon petit neveu !" La traduction etait assuree par des profs d allemands russes qui nous ont pris sous leur aile. Et pendant tout ce temps la les employes du train qui tournent autour, serviles, le doigt sur la couture du pantalon ( ils avaient mee retendu le tapis du couloir avant la montee des officiels !)
Cote kazake, on sent que l'on a change de monde... Les douaniers sont en treillis et plus en uniforme, ils plaisantent avec les employes, serrent des mains, sourient... La seule chose qui les interessent est d'avoir leur part des differents traffics et contre bande en court.
Seul inconvenient si vous passez la frontiere en train c'est qu'elle arrive aux alentours de 2h le matin et que vous ne serez pas tranquille avant 4 ou 5h le matin... le soleil pointe deja.

La frontiere kazake-kirghise : passage en velos !!!
A VENIR


Specialite russe

Celles la (Lada de la Police) on ne les voit que dans les films par chez nous, ici on les voit dans les rues. ...et petit a petit elles sont remplacees par des Logans!!! Pour les yeux avertis, il y en a une "civile" a droite de la photo.

Speciales dedicaces

A Amelie: Les marmottes mongoles. Nous n'en n'avons pas mange, mais vu enormement!



A Noemie: Degustation de notre tresor bien garde pour notre entree en Russie: Le tube de creme de marron. MIAM!!!


A Grand Mat': Le "toujours content" Borisgaspard, mascotte du voyage, essaye de communiquer...



Un grand merci a tous pour mon cadeau d'anniversaire qui est responsable d'un joli bronzage inimitable sur mes petons... Les etapes mongoles etant un peu tendues, les sandales sont restees sagement sur le porte bagage, mais depuis la frontiere russe et avec le retour du goudron, nous voyageons doigts de pieds au vent.


jeudi 6 août 2009

Un bon dans l'espace temps (Russie: Tashanta-Bisk)

Et non on ne s'est pas perdus dans l'Altai, ni faits kidnapper par la mafia russe... nous avons juste eu quelques problemes a trouver des connections internet depuis notre passage de la frontiere. Donc un petit saut en arriere de quelques semaines et nous revoici juste sortis de Mongolie (avec seulement quelques jours de retard : on s'etait donne 4 semaines, nous avons passe la frontiere russe apres 4 semaines et 2 jours en mongolie). Une fois parcourus les 25 km de no man's land et disons 50 km de plus pour bien se sentir en russie, on regarde tout autour de nous et c'est certain on vient de faire un bond dans l'espace temps ! D'un siecle au moins...

Ici il y a de l'asphalte sur les routes ( meme pas trop mauvais au debut surtout), de l'eau dans les rivieres ( et comme on le decouvrira tout au long de notre trajet dans l'Altai, de plus en plus de rivieres, de plus en plus grosses, jusqu'a la Katun, grand riviere touristique), des arbres partout, de l'herbe verte, de magnifiques vallees ombragees ( on se croirait dans les Alpes suisses !), ca c'est pour le changement de paysage. Pour ce qui est du niveau de vie aussi le contraste est impressionnant. Vous auriez du nous voir le premier soir a Kosh Agash dans les rayons de notre premier "super marche" rencontre depuis un mois : de vrais gamins dans un magasin de jouets juste avant Noel : il y avait presque de tout (enfin il ne faudrait pas exgerer quand meme, c'etait un petit 8 a 8 de chez nous, mais avec des fruits, du miel ;-), du saucisson, du poisson fume, du jus de fruits et des yaourts ! Mais pas de Creme de Marron, quand meme!!! Ici nous sommes dans la Republique de l'Altai ( capitale Gorno Altai qui est notre premiere objectif ). La population est majoritairement kazakhe (encore typee asiatique, meme si les russes blonds aux yeux bleus commencent a faire leur apparition)

Contrairement aux a priori qu'en bons francais nous apportions avec nous, ici les paysages sont tres accueillants et les gens de meme, souriants, curieux, voire prets a rendre service. Expection : l'administration. Maintenant nous en sommes certains, pour rentrer dans l'administration, il y a une epreuve speciale, ou ils leur passent des sketchs de comiques en boucle et ne seront retenus que ceux qui reussiront a ne meme pas esquisser un sourire !

Pele mele :
L'administration russe : pas facile... pas souriante... proceduriere au possible... STALINIENNE. On a essaye de nous faire "enregistrer", juste parce qu'on nous avait dit qu'il fallait le faire et que nous sommes des citoyens francais respectueux des regles... et bien au premier bureau de l'enregistrement et de l'immigration, il a fallu pas moins de 6 dames pour me dire qu'elles ne savaient pas trop ce que nous devions faire mais que ce n'etait surement pas le bon jour et que le mieux serait d'aller a l'hotel et qu'ils s'en occuperait. Deuxieme tentative a Aktash, le troisieme jour de notre sejour, exactement, comme on nous l'avait conseille a un hotel ou on s'etait renseigne... Cette fois il a fallu l aide d'une traductrice irlandaise ( merci Veronique et Xavier de Chambery) et toute la bonne volonte d'un haut grade de l'armee russe (et ce n'est pas peu dire) + on ne sait pas combien de coup de fils et au moins une heure d'attente dans une minuscule salle ou on nous a apporte trois chaises ... pour apprendre qu'a priori il n'etait pas necessaire de faire quoique ce soit ! Et merci l'administration russe. Finalement nous ferons encore un essai lors de notre seule nuit d'hotel en Russie a Barnaul la veille de prendre le train : cette fois on nous confirme qu'on doit bien se faire enregistrer, que pour cela on a besoin d un papier officiel de l'hotel que l'on nous remet, mais que eux ne le ferons pas pour nous, qu'on devra se deplacer au bureau d'enregistrement ... retour a la case depart... On s'est empresse de ne rien faire... il ne faut pas exagerer quand meme avec notre bonne volonte. Surtout qu'au passage de la frontiere (dans le train) ils n'ont meme pas regarde notre carte d immigration ! Donc notre conseil quant aux administrations en russie : surtout eviter les !

La nourriture russe : pour comprendre le paragraphe suivant il faut vous rememorer que l'on arrive de mongolie ou le menu a ete assez invariablement pendant un mois : riz ou pates, agrementes de biscuits secs et de coca ( et oui c'est la honte, mais eux aux moins font des bouteilles avec des bouchons fiables contrairement a ceux des bouteilles d'eau mongoles - mais si elle est bonne mon excuse) et les jours fastes une salade carotte et chou en entree... Donc en russie on trouve de presque tout, en ce moment c'est la saison des tomates et des concombres, cultives dans chaque jardin et vendus sur le bord de la route, par des petites vieilles adorables. L'Altai est connu pour son miel, vendu au litre, dans des bouteilles de coca ( quand je vous le dit) ou autre. Joachim rattrape le temps perdu en suivant une cure stricte de 3 miels differents dont l'un bu le soir au goulot ! C'est egalement la saison des framboises, elles aussi vendues sur le bord de la route, par sauts ! Comment ca on n'a pas de place dans les sacoches pour 5 ou 6 kg de framboises toutes fraiches ! Vous n'avez jamais fait de confiture sur un rechaud dans une popotte, vous ? Et bien vous avez rate quelque chose. On a choisi ce jour la un "superbe" bivouac au bord de la riviere Katun, infectee de moustiques, pour pimenter l'experience. Mais la confiture de framboises a la cuillere ou a la bouteille, c'est bon. On a aussi teste les restaurants russes ( ou Kafe), ou l'on trouve des plats cuisines et varies mais ou les portions sont bien trop petites pour nos estomacs de cyclistes ( premiere experience : apres une mise en bouche (un plat principal chacun) nous recommandons deux salades, deux soupes et deux plats + un the et une biere... les russes n'en reviennent pas ;-))Ici le pain est frais, ils font des patisseries, des viennoiseries sucrees et salees (on vous recommande les petits pains fourres au pavot a Aktash). Nos petits dejeuners s'etoffent (flocons d'avoine + kefir ou yaourt + fruits + jus de fruits + miel ), le soir nos pates collent de moins en moins et sont agrementees de sauce tomate...

Les paysages : En partant de la frontiere mongole et en traversant l'Altai en direction de Gorno Altai et Bisk, on passe de vallees superbes et encaissees, de paysages de haute montagne avec la neige au loin a la plaine qui s'etend de part et d'autre de la riviere katun avec de la foret et des cultures intensives. Le debut est vraiment magnifique avec des bivouacs tranquilles au bord de l'eau. D ailleurs les hommes prehistoriques ont ete les premiers a decouvrir ce spot : a Kalbak Tash, on decouvre plusieurs sites de petroglyphes dont les plus vieux datent de la fin du 3eme millenaire avant J.C. Les russes campent beaucoup, partout, ici personne ne viendra jamais voir ce que nous faisons ( sauf quelques vaches, quelques moutons et un couple d aigle un jour : nous avions pose la tente juste en dessous de leur nid ).La route est plutot bonne et nous passons deux jolis cols et une descente de 70km: QDB!!! (Que Du Bonheur). Les paysages changent lentement : de plus en plus de vegetation, des pins, des feuillus... jusqu'a ce que l'on rejoigne la riviere Katun, un peu avant Gorno Altai. La d'un coup on se retrouve sur les bords du lac d'Annecy ou de Serre Poncon en moins beau, une grande route, un monde fou, des voitures comme on n'en voit meme pas chez nous, des "stations balneaires" avec ATM, resto etc, des bivouacs au bord de l'eau que l'on partage avec toute la jeunesse des environs (et eux dans leurs voitures rutillantes, ils ont tous des auto radio et des baffles puissantes qui hurlent toute la nuit !)... vite vite fuyons...
L'eau : En fait ce qui change tout, c'est la presence d'eau en abondance, dans les rivieres, a la pompe dans les villages mais aussi dans le ciel et sur nos tetes ... ca nous fait une bonne excuse pour nos relativement petites etapes journaliere ;-) tout est vert. Ils n'ont pas partout l'eau courante, mais au moins il n'en manque pas...
Les pistes et les cartes russes :
Arrives en Russie sans aucune carte de la region, nous avons rate norte chance dans la premiere "ville" que nous avons rencontre (Kosh Agash), arrives trop tard, les magasins fermes... et ce fut une erreur. Nous n'avons pas eu d'autres occasions d'en trouver par la suite. Merci beaucoup a Veronique et Xavier, chamberiens rencontres a Aktash ( ici le savoir faire francais en matiere de stations de ski est tres apprecie) de nous avoir offert leur carte touristique de la region... Sans elle nous serions sans doute encore en russie. Mais decidement a velo soit il faut une carte precise soit de bonnes cuisses et une bonne dose de bonne humeur, de perseverance et de philosophie... pour exemple, notre experience de VTT couche dans des conditions extremes : le lieu : une " soit disant tres jolie vallee" que longe une piste qui relie Ongudai a Gorno Altai. Elle suit la riviere en descendant, permet d'eviter la " grand route" et un col precede de 80 km en montee ( depuis la frontiere on ne fait quasiment que descendre, on n'est pas faineant mais on a perdu l'habitude ! ;-)) Donc un beau jour, apres avoir passe une soiree super sympa avec Florent et Aurelie deux cyclos grenoblois (autour du monde) rencontres en haut d'un col, apres s'etre regales a remonter ce meme col :-) et surtout a le descendre... apres avoir fait longuement des courses a Onguday ( on n'est jamais trop prudents), en fin d'apres midi, apres la pluie, nous avons rebrousse chemin pour trouver LA piste. La carte indique rive gauche alors on tente mais au bout de 500m c'est un chemin a chevres que l'on decide d'explorer d'abord prudemment a pied mais la trace disparait apres 300m. On revient donc aux velos et on pose le bivouac, c'est l'heure. Le lendemain le depart prevu tot est finalement tardif (c'est devenu une mauvaise habitude en russie mais ou sont nos bonnes resolutions mongoles ?), et on reprend la route sur 1km pour la quitter dans un virage a droite, la piste est la a gauche au niveau de la riviere. La piste est bonne au debut meme si un peu (beaucoup) trempee par la pluie de la veille et de la nuit, et rapidement nous sommes dans un exercice de style VTT dans la boue et les flaques. Nous sommes perdus dans un paysage magnifique, plus ou moins pres de la riviere. Mais moins pres de la riviere, dans une vallee plutot etroite, ca veut dire vers le haut ! Quand ca monte trop raide on pousse a 2 chaque velo, c est la premiere fois du voyage, a ce point ! Les vaches n'en reviennent pas. Effectivement la riviere descend et est magnifique, ca se voit bien de 200m au dessus! Apres 3h de pedale, pousse, pedale, souffle, nous arrivons au point le plus haut ... et devant une barriere. Nous la poussons ( et la refermons pour le betail) et se presente devant nous une descente tres raide et caillouteuse et un bel alpage... avec des chalets au fond. Encore 1/2 heure de pedalage jusqu'a ces chalets... et stop il y a un chien... et quelqu'un qui vient: La piste ? Non elle ne va pas plus loin ! Elle s'arrete la... Apres, plus rien... ( Ca je vous assure que ca se comprend meme sans parler russe !) Un peu decus et fatigues ( on a quand meme mis 4h a faire 12km D+400m de denivele positif, heureusement que c'etait magnifique!!! ) nous posons le bivouac, il est tard et nous n'avons pas le courage de reprendre la piste qui commence par monter raide dans l'autre sens ! Sur le GPS, ces 4 jours ressemblent a une grosse tache noire... mais ou sont les longues etapes mongoles ?!

La frontiere Russe arrivera-t-elle? (Ulangom-Frontiere Russe)

Ils le savaient, depuis 1000km que nous les menions sur des pistes, Guy Donho et Guy Donbas n'attendaient que l'asphalte de la route qui va d'Ulangom a une frontiere russe (au nord, pas la notre). Alors a peine nous etions sortis de la ville qu'ils se deroulaient les pneus. Quelles sensations grisantes. Nous avions oublie. Nos montures avalent trop vite ces 30km, meme avec le vent fort de 3/4, deja nous arrivons devant la montee de notre premier "vrai" col. Dans cette immensite, typiquement mongole, difficile de prendre des reperts et d'apprecier les distances. Alors nous voila aux paris pour estimer la longueur de cette piste toute droite qui monte (D+300m) vers la gorge qui nous emmenera au col (D+1000m)... Comme il n'y a ni baraque a frites ni bar a biere en haut, peu importe le gagnant, il nous faut gravir ces 8km de ligne parfaitement droite. La gorge de pierre rouge est magnifique. Elle est parcourue par une piste tout a fait correcte que nous montons sur les velos jusqu'en haut. Au col (1980m) marque par un joli ovoo (tas de pierres, de bouts de foulards bleus et dons de toute sorte aux esprits du coin), la pluie commence a tomber et nous trouvons rapidement (pour une fois) ou bivouaquer. A peine avons nous decharge qu'un camion arrive droit sur nous. Aie, nous avions envie d'etre tranquile ce soir! Le camion de demenagement de yourte (un camion benne plein a craquer) stoppe, Tsedenish, Batnasan et Daguima descendent et nous invitent a monter notre tente 1km plus loin, a cote de leur yourte. On s etait promis d accepter au moins une fois une telle invitation. Nous rechargeons donc et allons participer au montage d'une "petite" yourte pour passer la nuit et la pluie. Une fois la "Mongol gers" et la "Pfranns gers" (traduisez : yourte mongole et yourte francaise) montees, nous sommes invites a partager un repas: viande sechee de chevreau a l'apero accompagne d'un alcool non identifie, puis bouillon de nouilles et viande avec le traditionnel Tchae (The sale au lait). Au digestif le maitre de yourte sort une bouteille d'une tres bonne vodka d'Ulangom, un regal... Dans la soiree les 2 garcons arrivent avec le troupeau de 700 tetes (moutons, chevres, vaches, cheveaux). Dehors la pluie continue a tomber et ne cessera que dans 36heures. Nous resterons donc la, en attendant que la pluie veuille bien laisser place au soleil. Pendant 36h nous dormons, partageons 1 autre repas avec nos hotes, lisons (Fanny), recousons des chaussettes (Joachim), nous battons contre les chevres qui s'abritent de la pluie contre la tente voire sur la tente... Heureusement que notre geniale tente Hubba Hubba (MSR) nous offre un espace suffisant pour nous tenir confortablement assis et nous bouger un peu avec toutes nos affaires au sec (hormis les velos qui ont pris l'eau commes les biques en moins casse-pieds!). Enfin la pluie s'arrete, heureux de cette rencontre nous filons vers le Lac Urug Nuur, magnifique au pied des montagnes enneigees. A la source (sud-ouest du lac, derriere une ruine) nous rencontrons deux belges et un guide qui nous informent que la riviere que nous voulions franchir le lendemain est en crue. Impossible de passer. Nous hesitons un moment entre tenter l'itineraire prevu avec le col a 2300m en esperant qu'un camion puisse traverser la fameuse riviere et qu'il puisse charger les velos (nous n'avons pas vu de camion depuis 3 jours) ou faire un detour de 150km avec un col a 2500m emprunte uniquement par des 4x4 mais qui nous mene a l'unique pont de la region au sud du lac dans lequel se jette la riviere en crue. Nous optons pour le detour qui nous ajoutera 2 jours, nous fera pousser les velos pour la premiere fois et pendant 3h, mais aussi partager des moments uniques avec les locaux, voir des paysages a couper le souffle et decouvrir une piste ludique et joueuse a souhait dans un decor de Grand Canyon. Bivouacs de reves partages avec des milliers de moustiques tres (trop) affectueux.
Les 2 etapes suivantes vers Tsaganuur sont difficiles (pistes) et longues, en tout cas plus longues que prevues. Comme des andouilles nous n'avons pas acheter la derniere carte, sur laquelle se trouve la minuscule portion qui va du bord de notre carte jusqu'a la frontiere (60km) pensant nous debrouiller avec la mauvaise carte generale de Mongolie (GiziMap). Au bord de notre carte au 1/500000 Tsaganuur est indique a 9km et nous la trouverons en realite a 29km d'une mauvaise piste qui remonte une riviere dans une belle vallee encaissee. Sur cette piste nous avons rencontres un couple de belges circulant dans un camion amenage avec des pneus de 1 metre 20 de diametre. Eux ont pu franchire la riviere en crue avec l'aide des locaux qui les ont guides. D'apres eux nous aurions pu traverser en portant les velos avec de l'eau jusqu'aux aisselles!!! Finalement pas de regret d'avoir fait le detour.Et nous voila a 15km de la frontiere, un joli "tordage" de patte de derailleur nous oblige a commencer la journee, qui n'avait pas commence tres tot, par une reparation et un reglage difficile du dit derailleur. Un dernier virage et le poste frontiere apparait. Nous sommes a la barriere des douaniers mongoles a 14h00 pour une fermeture de frontiere a 18h00 cote russe. 4h avant la fermeture, tout parait normal mais en russe 4h d'avance c'est trop tard, et de toute facon on ne passe pas la frontiere a velo! "La frontiere ouvre a 10h demain, il y aura des voitures! Allez hop circulez! Et a plus de 100m!" Nous attendons dans ce village frontiere jusqu'a 17h30, au cas ou une hypothetique voiture passerait... mais "niet", pas une voiture. Une dame nous propose de nous prendre le lendemain car elle va avec sa fille en Russie... d'accord nous serons la demain a 7h00 pour charger les velos dans la 4x4 Lada.
Un dernier beau bivouac mongole mais une nuit difficile pour Joachim un peu malade, mais enfin au matin le ventre accepte de se vider. Ouf le denouement de toutes les difficultees mongoles arrive ;-). Les velos charges, la voiture dans la queue de 10 voitures devant la barriere et on nous annonce le prix de la passe! Un peu coince par les velos charges et surtout presses par l'envie de sortir de Mongolie et de decrouvrir la Russie, nous passerons pour 50dollars. De toute facon on n a vu aucun camion, ni le jour meme ni la veille, susceptible de nous transporter...

Heureux ! nous sommes heureux de circuler habituellement a velos et degustons notre bonheur pendant ces 5km de piste mongole et 20km d'asphalte russe a bord de cette 4x4 Lada! Quel inconfort! ;-)